NUISANCE SONORE RELIGIEUSE : UN MAL IMPENITENT
www.ecoecolo.org ecoecolo2009@gmail.com NUISANCE SONORE RELIGIEUSE : UN MAL IMPENITENT A la faveur de la crise économique et politique de la fin des années 1980, les églises et congrégations ont poussé telles des champignons dans tous les coins de rue du bénin. La manifestation de leur présence s’accompagne souvent d’émission de sons assourdissants et gênants et désagréable à l’audition. En vue d’éradiquer cette nuisance majeure, le Bénin dispose de textes législatifs et réglementaires idoines. OMER SASSE Perdus et noyés dans un océan de problèmes certains Béninois désarçonnés à la recherche de la terre promise trouvent leur gîte spirituelle dans les nouvelles églises du réveil. L’utilisation d’une liturgie très colorée, sonore et fortement orchestrée rassemble de grandes foules. Certains y accourent car ils voient des choses qui semblent porter du fruit immédiatement. Ils boivent, mangent, chantent et dansent à profusion. L’extériorisation de leur joie ne recule devant rien. Tous les moyens sont bons pour ces zélateurs des œuvres de Dieu et de la magnificence de Jésus-Christ. Matraquage sonore à vous rompre le tympan, tintamarre d’instruments de musique, hurlements de commentaires de textes bibliques, tout y passe. Tant le phénomène est pernicieux. La constitution de la république du Benin, reconnaît à tout citoyen le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte et d’opinion. Mais on oublie souvent que la même loi a prévu que l’expression de ce droit devra se faire dans le respect de l’ordre public établi par la loi et les règlements. L’arrogance et le peu de souci de l’ordre public conduit dans bien des cas à des rires au sein des populations. Arriver à efficacement lutter contre le bruit et induire un changement radical dans ces habitudes qui trouble la quiétude est devenu impératif. La question n’est pas d’interdire aux églises l’exercice de leur activité mais de trouver une solution à la diffusion à profusion jour et nuit de musique et de louanges de toutes natures.
LA VEILLE DE LA LOI C’est dans cette orientation que depuis une décennie, les pouvoirs publics ont pris divers textes. La loi N° 98-030 du 12 février 1998 portant loi cadre sur l’environnement en République du Bénin a prescrit d’une manière générale les normes à suivre dans la protection de l’environnement. Son article 86 prohibe ou limite ou les bruits abusifs ou inutiles à l’intérieur ou à l’extérieur de tout édifice. Le décret N° 2001-294 du 8 août 2001 portant réglementation du bruit en république du Benin établit les normes de bruit émis par chaque source. En son article 10, ce décret inique « la mise en marche des ateliers (moulins, scierie, forges etc..) des discothèques et des véhicules de publicité sonore et toute de communication ou manifestation bruyante en zone d’habitation, y compris sur les lieux de culte, interdits dans les périodes ci-après : Jour ouvrable : 13 H -15 H et 22H- 6H Jour de repos : 6h-10H et 20H-6H ». La loi cadre prévoit même des peines en cas de non observance des prescriptions. Les principales peines sont contenues dans son article 119. « Les nuisances acoustiques produites en violation des prescriptions de l’article 86 sont punies d’une amende de cinquante mille (50 000) à cinq cent mille (500 000) FCFA. En cas de récidive, outre l’amende d’une peine d’emprisonnement de dix (10) à trente (30) jours pourra être prononcée ». En appui à toutes les dispositions, la création de la police environnementale et surtout l’entrée en fonction de la brigade de lutte contre la pollution, ont contribué à l’amoindrissement de la nuisance sonore due au lieu de culte. Celle qui semble la plus efficace de ces unités de police est la brigade de lutte contre la pollution. Ce service spécialisé des forces de l’ordre organise des rondes, mesure les décibels et procède même à des saisies de matériels. Dans l’exercice de cette prérogative, plusieurs églises et même celles dont certaines autorités publiques sont fideles ont été pris dans l’étau. La brigade agit également sur dénonciation motivée. Baisser la garde n’est pas d’actualité. Les mesures susceptibles de limiter l’exposition à des niveaux sonores nocifs dans la vie collective sont nombreuses et relève pour une large part du respect des règles élémentaires de la vie en société. Leur efficacité implique l’acceptation et l’adhésion du public. Celui-ci doit donc être informé et motivé ; la vie dans un cadre agréable en dépend.
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